La politisation des jeunes dans les camps de réfugiés Sahraouis (1/4)

Publié le par comet

(Publié comme une note de l'Ifri) Le Sahara Occidental est un Etat oublié dans le marasme des Nations unies. A l'occasion du 36ème anniversaire du déclenchement de la lutte sahraouie, cet article fait le point sur la situation de la jeunesse dans les camps de réfugiés.

(photo Gérald Andrieu ©)

(1/4) La politisation des jeunes dans les camps de réfugiés Sahraouis
(2/4) Les écoles de la République Sahraouie
(3/4) Les jeunes sahraouis entre désespoir et contestations
(4/4) La Jeunesse sahraouie aux portes du Pouvoir


Remplis de frustrations, ayant un diplôme mais pas de travail, n’ayant pas de diplôme, ayant un petit travail tenant plus lieu d’occupation que de nécessité (une échoppe), étant de petits trafiquants (contrebande de cigarettes), ayant un passeport – rarement au hasard1 – ou n’ayant pas la possibilité d’en obtenir un, les jeunes n’envisagent souvent que deux choix pour s’en sortir dans les camps de réfugiés : la guerre ou la fuite.

Ce choix binaire, borné de désillusions entretenues par la croissance des inégalités sociales au sein des camps, fonde une opposition politique en devenir, opposition nouvelle au Front Polisario qui réussissait jusque-là à rester une entité fermement unie. Loin d’une quelconque dissidence, la jeunesse, habitée par la promesse démocratique et un fervent nationalisme, ne se satisfait plus de la patience imposée par les dirigeants du Polisario. Elle entend bien se faire entendre, non pas à l’extérieur, mais au coeur du Parti unique sahraoui érigé en Front de libération, aidée tant sur le plan politique que symbolique par les mouvances agissant au coeur de l’Intifada.

Nous verrons comment cette jeune génération se politise au sein de la société sahraouie et comment elle influence le Front Polisario dans sa volonté de reprendre les armes. Après avoir explicité les multiples chemins de socialisation politique des enfants et des adolescents sahraouis, qui varient selon les âges et les lieux, nous verrons qu’ils conditionnent les prises de position de la jeunesse sahraouie d’aujourd’hui, qu’ils ont des répercussions sur les mentalités et, en l’occurrence, qu’ils forgent les esprits contestataires.

Nous montrerons par exemple que les enfants et les jeunes intègrent les schémas de pensée des pays dans lesquels ils vont passer leur enfance, leur adolescence et leur jeunesse, et que ces logiques de socialisation si particulières constituent le terreau de la contestation politique sahraouie.
 

La suite demain !

Retrouvez cet article sur le site de l'Ifri, Institut Français de Relations Internationales © Ifri

 

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