Patriote Mondial, lève toi !

Publié le par cedric o

Cet article est le fruit d'une réflexion suite à un séminaire de philosophie politique sur le texte de Charles Blattberg "The Ironic tragedy of Human rights". Il est une réflexion libre qui n'engage que moi.

1. Nous partageons un patrimoine commun. L'humanité n'est pas une simple agrégation d'êtres humains. Elle est une communauté aujourd'hui constituée qui a conscience d'elle-même. Promouvoir la Coopération inter-étatique ne suffit pas. Créer sans cesse et sans cesse de nouvelles organisations non gouvernementales, citoyennes et respectueuses de la diversité culturelle est inéfficace en bout de ligne. Les choses ne changent pas. La donne reste la même et les écarts se creusent entre riches et pauvres, exploiteurs souvent inconscients et exploités dramatiquement conscients de leurs sorts.

2. Etre patriote, c'est avoir la volonté d'atteindre le Bien Commun au sein de sa patrie, c'est affirmer la primauté du Bien Commun sur les intérêts particuliers. C'est avoir la conviction que nous avons la responsabilité individuelle et collective d'atteindre le Bien Commun pour chacun, indépendemment de sa situation. C'est avoir la conviction que nous avons la possibilité que la collectivité réussisse sans que personne ne reste au bord du chemin. Dire que nous sommes responsables, c'est dire que nous sommes "obligés", qu'il ne relève pas d'un choix que chacun pourrait faire de laisser des gens dormir dehors, ne pas avoir assez à manger ou être exclus de la société. Affirmer son patriotisme, c'est affirmer ses responsabilités vis à vis des autres. C'est ne pas se contenter d'énoncer des droits que chacun pourrait légitimement revendiquer. C'est s'assurer de l'effectivité de l'égalité entre tous et de la liberté de chacun.

3. Un patriotisme mondial impiquerait l'existence d'une communauté politique mondiale, et par voie de conséquence, d'une citoyenneté mondiale. Tous les hommes se retrouveraient à être des compatriotes à l'échelle du monde. Nécessairement, nous serions responsables de tout ce qui se passerait dans le monde. Notre citoyenneté mondiale nous obligerait, non parce que nous serions contraint d'intervenir, mais parce que nous aurions le devoir d'intervenir. C'est en cela que certains proposent un passeport mondial pour signifier à tout un chacun qu'il fait partie de la communauté mondiale et que cette communauté implique des devoirs mutuels. Pas au nom d'une pseudo solidarité condescendante où nous autres  les Riches décidons généreusement d'aider eux-autres les Pauvres, mais au nom d'une citioyenneté commune où nous autres, ceux qui avons fait le choix de partager notre devenir, décidons de bâtir ensemble de meilleurs lendemains.

4. Un Roumain, un Français, un Algérien, un Kabyle, un Corse, un Québécois, voilà autant de communautés culturelles dont rien, dans l'absolu, n'empêche qu'ils décident de partager la même communauté politique, le même avenir, les mêmes conditions de vie, dans le respect mutuel des cultures de chacun. Notre humanité nous oblige, non parce que nous sommes les mêmes, mais bien parce que nous sommes des hommes. Notre humanité nous oblige, non parce que notre diversité culturelle implique nécessairement une fragmentation politique, mais bien parce qu'elle est un atout. Notre humanité nous oblige, non parce que d'autres ont fait le choix par le passé de nous opposer entre nous, mais bien parce que nous pouvons faire le choix aujourd'hui de nous unir pour construire un devenir commun.

5. Voilà pourquoi je soutiens le patriotisme, parce qu'il sous-tend l'idée de la recherche du Bien Commun et de notre responsabilité collective à ce que chacun de nous puisse en jouïr. La forme ultime de ce patriotisme étant in fine l'affirmation dés aujourd'hui d'un patriotisme mondial. Par cette voie, nous entendons réaffirmer notre responsabilité collective envers tous les hommes plutôt que de chercher des moyens détournés de nous déculpabiliser, au travers de l'aide internationale par exemple, de la coopération néo-colonialiste ou des beaux discours incantatoires dans les conférences exaltant les droits de l'Homme. Plutôt que de réaffirmer les pouvoirs des Etats-Nations, travaillons à la construction de cette souveraineté internationale, seule capable d'affronter les défis qui se présentent à nous. Tout est encore possible !

Publié dans Articles divers

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