La grande joie (extrait)

Publié le par cedric o

J'écris pour le peuple et bien qu'il ne puisse encore

Lire ma poésie avec ses yeux ruraux.

L'instant viendra ou une ligne, vent qui agita ma vie,

Arrivera à ses oreilles :

Alors le paysan lèvera les yeux sur la glèbe,

Le mineur sourira en détachant la pierre,

Le garde frein en sueur épongera son front,

Le pêcheur verra mieux scintiller le poisson

Qui brûlera ses mains en sa palpitation,

Et le mécanicien, lavé de frais et feurant bon le savon,

Aimera regarder mes poèmes,

Peut être diront-ils : "c'était un camarade."

Il ne m'en faut pas plus.

C'est la couronne que je veux.

 

Pablo Neruda, Le Chant général

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