Pour une université gratuite et sélective ?

Publié le par cedric o

L'université doit-elle être gratuite ? Son accès doit-il être restrictif ? Le rôle de l'université est il de former à un métier ? Peut on envisager plusieurs types d'université ? Autant de questions auxquelles il est de bon ton de répondre clairement par les temps qui courent.

1. L'université dispense donc un savoir spécialisé. Par opposition aux écoles primaires, collèges et lycées qui dispensent un savoir pour tous, l'université dispense un savoir spécialisé, au même titre que toute institution d'enseignement supérieur. Le savoir spécialisé est un savoir nécessairement lié à la fonction sociale que tout un chacun se destine à occuper. Le savoir spécialisé est donc nécessairement lié au travail qu'on aspire à occuper. La République a donc la responsabilité de former ses citoyens de manière à ce qu'ils la pérennise. Pareillement, le citoyen a la responsabilité de se former pour péréniser le système de la République. Ainsi, l'université ne peut être que gratuite. Elle ne peut tolérer aucune inégalité liée aux conditions financières. Elle est un rouage essentielle du système Républicain qui a le devoir de se doter de citoyens compétents pour s'inscrire dans la durée. Il n'y aucun mérite à avoir de l'argent. Posséder des terres, être riche, ce n'est pas un critère de compétence. L'université ne peut donc et définitivement être, que gratuite.

2. L'université se doit de former des individus compétents. Elle doit donc être sélective. Tout le monde peut il devenir ingénieur, médecin ou enseignant ? Bien évidemment non. L'université doit donc sélectionner ses étudiants pour les former. Il serait vain ou inéfficace de vouloir former tous les étudiants à devenir médecins, ingénieurs ou enseignants. La sélection sur le mérite doit donc avoir lieu à un moment ou à un autre. La question n'est pas là de savoir s'il faut plus de médecins ou d'enseignants. Il me semble que oui. Cela n'empêche qu'il ne peut y avoir une infinité de médecins ou d'enseigants. L'université ayant la responsabilité de les former, elle doit bien choisir, et à mon sens, le seul critère valable est le mérite. Pour autant, le mérite peut se manifester sous plusieurs formes. Il n'est pas dit que seul le mérite scolaire doit être reconnu. Au contraire, nous avons tout intérêt à diversifier les formes de mérite valable. Par exemple, le travail et l'expérience sont des formes de mérite. A mon sens, il est donc nécessaire de sélectionner en vertu de ces critères. C'est pour cela que j'affirme que l'université dispense un savoir d'une nature différente. En conclusion, si l'accès à l'université doit être sélectif, puisqu'il a vocation à former des individus à des fonctions particulières, cette sélection ne doit en aucun cas se faire en vertu d'un seul et unique critère.

3. L'université doit donc être accessible par divers moyens, à divers âges et en vertus de divers critères, mais doit sélectionner ses étudiants pour leur offrir une formation de qualité. Elle a en effet la responsabilité de réguler les besoins de travailleurs. Il serait inutile qu'elle forme dix sociologues si nous n'avons besoin que d'un. Il serait inutle qu'elle forme 50 techniciens spécialisés en création de décors si nous n'en avons besoin que de deux. La question de la motivation à l'université n'est donc pas du tout lié au fait que l'on paie ou non l'enesignement que l'on reçoit mais bien à la volonté de faire ou non tel ou tel travail ; cette volonté étant attesté par un processus de sélections fondé sur de multiples critères tel que la réussite scolaire, l'expérience, la motivation personelle, la liste n'est évidemment pas exhaustive.

4. La transmission d'un savoir spécialisé implique un moyen de transmission sélectif. Oui, mais cela n'est valable que si l'on considère que l'instrument qu'est l'université n'a vocation qu'à former à des métiers spécifiques. Or ce n'est pas nécessairement le cas. Il est tout à fait envisageable que la démarche d'apprendre s'inscrive dans une dynamique purement désintéressée, au moins dans un premier temps. Comment résoudre ce dilemne qui vient contredire ce que nous avons précedemment expliqué. A mon sens, on peut le résoudre fort simplement par deux  propositions : la création de deux types d'université et la revalorisation de la valeur travail.

5. Deux types d'université sont envisageables, une université sélective et une universuté populaire. Tout d'abord, une université sélective comme nous venons de la présenter. Elle aurait vocation à former des individus à des métiers particuliers et sanctionnerait les études par des diplômes autorisant à la pratique des métiers en questions. Bref, une université comme elle existe en France avec une sélection plus stricte. D'un autre côté, nous pourrions envisager la création d'universités populaires, fondées sur le principe de contributions volontaires, n'imposant aucune sélection et ne délivrant aucun diplôme. Ces universités populaires auraient pour objectif de transmettre des savoirs spécialisés pour le simple plaisir d'apprendre. N'importe qui pourrait y venir et s'instruire sans contrainte. Ces deux types d'université permettraient une chose essentielle, remettre les principe de motivation, de volonté et de responsabilité eu coeur du processus d'apprentissage et permettre à tout un chacun d'apprendre indépendamment de son métier, de sa fonction sociale.

6. Une revalorisation de la valeur travail est nécessaire. Qu'il y ait des inégalités, c'est un fait qu'il semble compliqué de changer, au moins à court terme. Pour autant, que ces inégalités soient aussi importantes, c'est une chose sur laquelle nous pouvons sans aucun doute agir. Il est anormal que des gens qui travaillent n'aient pas assez pour vivre correctement. Si une grande partie des jeunes veulent décrocher aujourd'hui un bac +5, c'est pour éviter de faire un métier sous payé (même si ce métier leur semble plus attractif), c'est parcequ'ils souhaitent vivre correctement. Le salaire horaire minimum devrait donc être situé à un niveau assez important pour qu'aucun métier ne soit dissuasif en raison de la rémunération qu'il implique. Pour financer cela, on pourrait partir du principe, par exemple, que l'échelle des salaires s'échelonnent de 1 à 5. Cela correspond en France, à peu près, à la différence entre un individu qui touche le salaire minimum et un qui paie l'impôt sur la grande fortune. Bref, peu importe que cette solution précise soit précisément valable, ce qui compte, c'est qu'aucun métier ne soit financièrement dissuasif même si des inégalités persisteront. Par ce biais, les individus choisiront leur métiers, moins en fonction d'un salaire et plus en fonction d'une volonté. C'est seulement dans ces conditions que la sélection à l'université prend son sens et que la mobilité sociale a une chance de fonctionner.

7. Par ce raisonnement, je ne peux que soutenir l'idée d'une plus grande sélection dans les universités spécialisées et d'un développement parrallèle des universités populaires. Pareillement, je ne peux que m'insurger contre ceux qui veulent faire payer l'université. Nécessairement, elle est un lieu du savoir et le savoir n'est pas un bien marchand, c'est un bien primaire, un besoin pour la survie de la République. La délivrance d'un savoir spécialisé n'a strictement rien à voir avec l'achat d'une bouteille de coca cola ou d'un week end au ski. Si l'univesrité doit être en partie sélective, il est clair que la pire des sélections est celle qui est financière. Au mieux, elle implique une pression en donnant l'illusion d'une volonté à celui qui la paie en s'endettant et elle masque dans le même temps les véritables aspirations inidividuelles. Au pire, elle aggrave dramatiquement les inégalités, elle empêche la mobilité sociale et produit des incompétents qui n'ont pour seul mérite l'argent des aieux.

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