Du savoir pour tous à l'université populaire...

Publié le par cedric o

Existe t'il plusieurs formes de savoir ? Le savoir est-il un bien marchand ? Comment appréhender ces différents savoirs dans notre société républicaine. Jusqu'à quand la scolarité doit-elle être obligatoire ?

1. Il existe deux formes de savoir, le savoir pour tous et le savoir spécialisé. Le savoir pour tous est celui que nous considérons comme la base nécessaire pour donner les moyens à chacun de vivre pleinement sa liberté de conscience, sa citoyenneté, son existence. Le savoir spécialisé est celui dont chacun a besoin pour accomplir sa part de travail au sein de la sphère social, chacun ne pouvant plus tout faire à lui seul.

2. Le savoir pour tous n'est pas un bien marchand. Un bien marchand est un bien qui s'échange, qui implique donc une relation marchande et dans notre système, la nécéssaire création d'une plus value. Le savoir est-il donc de nature à créer une plus value ? Est-ce cela que nous voulons ? Nous pouvons nous accorder sur le fait que dans notre système républicain, le vecteur d'une citoyenneté durable et fertile est essentiellement le savoir pour tous. Alors oui, il nous faut nous organiser pour dispenser le savoir pour tous en quantité et en qualité au plus grand nombre possible sans qu'aucune restriction de quelque nature qu'elle soit s'impose. Si l'on considèrait que le savoir pour tous est un bien marchand, son prix serait fixé en fonction de l'offre et de la demande. Tout le monde n'y aurait donc par accès, en tout cas pas dans la même quantité ni dans la même qualité dans les faits. Dans un sytème républicain qui revendique une égale liberté pour tous, le savoir pour tous ne peut donc être un bien marchand, un bien privé. In extenso, cela revient à conclure que le savoir pour tous est un bien public, et ce de manière universelle puisqu'il est le ciment de notre idéologie républicaine.

3. Oui, le savoir pour tous est un bien public. Mais à quel moment passe t'on concrètement du savoir pour tous au savoir spécialisé. Nous avons des maternelles, des écoles, des collèges, des lycées et des universités. Si nous considérons que l'âge minimum de la scolarité est de 16 ans, cela signifie que le savoir doit être disponible, d'une manière égalitaire à tous, afin de préserver la liberté de chacun, jusqu'à 16 ans au moins. C'est à ce titre que le principe du collège unique a été établi. Il conviendrait, dans cette même logique, de prolonger le collège d'une année afin d'offrir, a priori, les fondamentaux à tous jusqu'à 16 ans, fin de la scolarité obligatoire. Prenons pour acquis le principe du collège unique puisque ce n'est pas l'objet de la controverse ici. Le lycée serait donc une période de spécialisation. Chaque adolescent aurait ainsi acquis les bases nécessaires et suffisantes pour se spécialiser dans le domaine de son choix.

4. La question de la nature du savoir au lycée peut de facto se poser, puisqu'au lycée, la scolarité n'est théoriquement plus obligatoire. Ma réponse est claire, le lycée est une période de transition. C'est le moment où chacun se prespécialise en vue d'études supérieures sous quelques formes qu'elles soient. A ce titre, le lycée doit être accessible à tous, là encore, sans qu'il n'y est aucune contrainte, a fortiori  en terme d'argent. Chaque enfant doit avoir la possibilité de se spécialiser indépendemment des inégalités dont il est potentiellement victime. Le savoir dispensé au lycée (de 16 à 18 ans) serait encore, par défaut, un savoir pour tous, mais plus souple, chacun ayant la possibilité de commencer sa spécialisation sans que cela ne soit trop préselectif.

5. Ces positionnements impliquent deux choses en guise de propositions. D'une part, la logique du savoir pour tous ne peut tolérer de concurrence entre les établissements. Il n'y a pas de raison, ni théorique ni pratique, à ce que des écoles privées viennent dispenser le même savoir qu'ailleurs, sauf à supposer qu'elle ne dispensent pas effectivement le même savoir. Les institutions scolaires privées n'ont donc pas de raison d'exister et leurs existences seraient d'ailleurs contradictoires avec le projet républicain du savoir pour tous. D'autre part, dire que le lycée dispense une forme de savoir pour tous mais de manière plus souple revient à dire qu'il faut repousser la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans. Car c'e serait seulement au bout de ce parcours commun et de préspécialisation que l'on serait en mesure de faire des choix en toute conscience. Reste enfin la question de l'université.

6. L'université ne dispense pas le savoir pour tous. Elle dispense un savoir strictement spécialisé. A ce titre, le savoir dispensé par l'université doit-il être gratuit ? L'accès à l'université doit-il être restrictif ? Ma réponse est oui à ces deux questions. Voir l'article sur "Pour une université gratuite et sélective !".

Publié dans Articles divers

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