Le RSA, une bombe à retardement pour les départements

Publié le par comet

(Publié sur Marianne) La baisse des dépenses d'insertion dans les départements est un trompe l'oeil : elles risquent au contraire d'exploser l'année prochaine, avec la mise en oeuvre du RSA et le manque de personnel devenu patent. 

Selon un rapport de l’ODAS  - Observatoire national de l'Action Sociale décentralisée - il y aurait une baisse des charges des départements liée aux dépenses d’insertion. Ainsi, les dépenses liées au RMI auraient diminué en raison de la baisse du nombre de rmistes cette année : 23 000 de moins. Un phénomène en trompe l’œil pour deux raisons.   

D’une part, le nombre de rmistes a baissé en 2008 parce que le nombre de chômeurs avait baissé en 2007. Ainsi, les effets du marché de l’emploi se répercutent avec un décalage d’une année sur les chiffres du RMI – le nombre de chômeurs en fin de droit baissant ou augmentant mécaniquement en fonction du marché de l’emploi, mais un an plus tard. Pour cette raison, il n’est point besoin de se faire d’illusions sur l’augmentation massive du nombre de rmistes l’année prochaine compte tenu de la hausse historique du chômage ces derniers mois. Une augmentation qui se traduira par une explosion des dépenses sociales des départements. 

D’autre part, la mise en place du RSA, dont les départements assurent la gestion avec les CAF et Pole Emploi se traduira par une nouvelle hausse de la dépense sociale sur laquelle les départements ont très peu de visibilité. « Concernant le RSA, à deux mois du lancement du dispositif, les Départements interrogés par l’ODAS ont exprimé de nombreuses incertitudes quant à son organisation. Les principales interrogations portent ainsi sur le flux de nouveaux demandeurs et sur la mise en œuvre à court terme du partenariat avec Pôle emploi. ». Des inquiétudes d’autant plus justifiées que « les deux tiers des départements n’envisagent ni personnel supplémentaire, ni ouverture de lieux d’accueil, ni création d’un centre d’appel ». 

Pas de quoi rassurer ni les agents territoriaux chargés de mettre en place la réforme Hirsch, ni les autres acteurs sociaux chargés de faire l’interface avec les bénéficiaires du RSACar si la réforme RSA a été budgétisée à 1,5 milliard, rien n'a été prévu pour permettre aux départements d'embaucher du personnel supplémentaire. Voilà qui explique que « le maintien des effectifs à un niveau constant commence à être un sujet de préoccupation face à l’accumulation de nouveaux dispositifs que les Départements doivent mettre en œuvre ». 

Dernière grande nouvelle sur la magnifique réussite économique et sociale de Couteau suisse  et ses collègues, une autre baisse des dépenses en trompe l’œil, celle de la dépense globale liée aux contrats aidés. « On peut voir dans cette évolution le signe des difficultés à convaincre les entreprises de recruter, même sur contrats aidés. ». Voilà qui devrait réjouir Laurent Wauquiez, qui annonçait un brin obstiné ce matin une politique davantage axée sur des allègements fiscaux que sur un véritable investissement sur l’emploi. Pas de quoi inverser la tendance actuelle à Pôle Emploi qui recense près de deux nouveaux chômeurs chaque minute.   

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