Hirsch (ré) invente l’assistanat familial des jeunes pour ne pas plomber son RSA!

Publié le par comet

 (Publié sur Marianne) Quand Martin le Haut-commissaire aux solidarités contredit Hirsch le Haut-commissaire à la Jeunesse. 

La règle, c’est la société de la dépendance : les individus sont d’abord liés à leurs familles avant d’être liés au corps social. Ainsi, « le principe est que la solidarité nationale joue quand un individu a fait valoir tous ses autres droits. Les créances alimentaires - c'est-à-dire le devoir des parents de subvenir aux besoins des enfants ou l’obligation qui peut aussi incomber à un conjoint divorcé - font partie de ces droits et obligations ». La précision vaut son pesant d’or, elle émane des services de Martin Hirsch qui gèrent la mise en œuvre du RSA

Le RSA, ça sert pas à ça... 
Une précision rendue nécessaire à la suite de la diffusion d’un formulaire qui incitait les demandeurs du RSA à faire des démarches à l’encontre de leurs parents afin que ces derniers subviennent à leurs besoins. Eh oui : il faut d’abord faire payer les parents ! Le RSA, c’est juste une roue de secours, un système au cas où, vraiment, on ne peut pas faire autrement. Alors comme certains s’étaient imaginé pouvoir en bénéficier, il fallait clarifier les choses. Le RSA, c’est pour les « vrais » pauvres, ceux qui n’ont plus personne à qui réclamer un sou !

Heureusement, Martin Hirsch en a été de son explication afin qu‘il n’y ait aucune ambiguïté. « La jurisprudence, quand elle retient cette obligation, ne le fait en règle générale que pour des enfants de moins de 30 ans poursuivant leurs études dans des conditions où notre société considère par tradition que la solidarité familiale pourrait jouer avant la solidarité nationale ». 

Par « tradition », donc, « les enfants de moins de 30 ans poursuivant leurs études » sont à charge de leurs parents. Point question de leur donner le RSA. Ben oui, les CAF et les services sociaux des conseils généreux sont déjà surchargés… Un tri s'impose. Et pourtant, nombre de ces « assistés supposés » exclus de « l’assistanat réel » poursuivent leurs études et le font en travaillant, souvent à temps partiel. Ils seraient donc des travailleurs pauvres et pour ainsi dire, éligibles au RSA…  Les bougres ! Quelle idée de travailler pendant ses études ! Ils pourraient quand même se consacrer à leurs thèses, leurs licences ou leurs Masters et se nourrir d’amour et d’eau fraîche...  

L'autonomie de la jeunesse, c'est pas ça non plus
« Toute la politique de la jeunesse du gouvernement doit être tournée autour de cette idée de renforcer l'autonomie des jeunes ». Ce sont les mots du Président Sarkozy lorsqu’il a confié le portefeuille de la Jeunesse à Martin Hirsch. La réponse de Couteau suisse est claire, l’autonomie des jeunes ne passe pas par le RSA… Ouf ! Un instant, on pourrait croire que les jeunes sont sauvés. L’autonomie des jeunes passe par leurs parents. Ah… Un vrai visionnaire, Hirsch. Il fallait oser cette précision à une semaine de la  publication du livre vert sur la jeunesse. Un livre vert qui inquiète déjà les associations de jeunesse et autres syndicats. Des inquiétudes pas très étonnantes quand on voit l'étendue des ratés du Haut-commissaire dont le RSA n'est que la face émergée de l'Iceberg

En effet, réaffirmer sans état d’âme qu’en vertu de la « tradition », les jeunes qui font des études et qui bossent, doivent d’abord se tourner vers leurs parents afin d’avoir un petit complément avant d’aller taper à la porte de la société qui décidément n’en a que faire d’eux, n'est franchement pas de nature à rassurer sur les intentions de Martin Hirsch. 

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