Salaires obcènes: après Sarkozy, Obama renonce aussi!

Publié le par comet

 (Publié sur Marianne) Ne pas limiter les salaires mais communiquer sur les grands principes. Ne pas réguler l'économie mais discourir sans cesse en professant sur des valeurs sociales. C'est le choix qu'ont manifestement fait Obama et Sarkozy, en témoigne la marche arrière du Président américain sur la limitation des salaires. 
 
« Notre système économique et financier est construit sur la confiance et la fermeté ». Il n’en fallait pas moins au Secrétaire d’Etat au Trésor américain, Timothy Geithner, pour introduire son propos mercredi 10 juin 2009. Et tout en avouant que « les pratiques de rémunérations ont été un facteur contribuant » à la crise, le monsieur économie d’Obama précise : « je tiens à être clair sur ce que nous ne faisons pas. Nous ne plafonnerons pas les rémunérations. » Qu’il en soit ainsi, le Président des Etats-Unis et son éminence grise à l’économie ont tranché. Pour eux, la rupture, c’est ça ! Tout dans la com’, les grands effets d’annonce, et puis finalement, les actes qui tardent à suivre pour ne plus suivre du tout. 

De la méthode Sarkozy aux grands discours d’Obama
Il y a comme un air « post G20 » derrière cette décision. Au bon souvenir, il fallait moraliser le capitalisme et les grands de ce monde s’étaient réunis dans ce sens. Une réunion saluée presque unanimement dans la presse pour finalement accoucher… de rien. Ou si peu. A l’instar de Barack Obama, Nicolas Sarkozy avait déjà fait preuve de grandes qualités de communicant, en interprétant à sa manière les conclusions du G20, quitte à les tordre dans tous les sens pour qu’elle passent mieux auprès de l’opinion publique en ces temps de crise…

Ce qui importe donc, c’est la com. Les grandes déclarations restent, marquent les esprits, font les manchettes des journaux qui souligneront ici et là, la grandeur de ces chefs courageux qui osent affronter le système capitaliste pour le réformer. Qui n’ont pas peur des mesures symboliques pour redonner du sens à l’action politique ; précisément pour que le « politique » reprenne le primat sur l’économie devenue folle. Mais voilà, comme il est rare que les grandes mesures des grandes déclarations soient suivies d’actes concrets, les salaires des « boss amerlocs » ne seront pas plafonnés. Bien sûr, il y aura un « superflic » avec des « super principes », mais pour quoi faire… Moraliser ? 

Sarkozy dans la lignée d’Obama
Le président français, dans la lignée d’un Obama qui multipliait les annonces, s’était lui-aussi engouffrédans la surenchère. La moralisation des patrons de banques, en finir avec les bonus, les stock-options et autres parachutes dorés des entreprises subventionnés par l’Etat… De la com’ pour les employés jetables, et souvent jetés, qu’on allait envoyer dans les bras pauvrifères du RSA afin de calmer leurs ardeurs revendicatives. Ils allaient désormais pouvoir profiter d’un système pérennisant leur pauvreté. Une pauvreté durable en échange d’effets de manche sur la rémunération des patrons. Quelle révolution !

C'est bien parce que notre «système économique et financier» n'est pas «construit sur la confiance et la fermeté», qu'il faut tenter de le réguler dans ces plus hautes strates, et pourquoi pas sur l'exigence de faire ce que l'on a promis ? En tout cas, après avoir déjà troublé la gauche américaine et ses économistes en refusant de nationnaliser les banques et de faire une relance ambitieuse, Obama confirme ses accointances avec Wall Street. 

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