Barnier s'entête, le lait va déborder

Publié le par comet

(Publié sur Marianne) L'échec des négociations sur le prix du lait témoigne de l'irresponsabilité politique de Michel Barnier. Un ministre qui a abandonné son pouvoir de décision en laissant la commission européenne de Barroso et sa collègue des Finances Lagarde installer une concurrence sauvage dans le monde du lait.

Il est 2H45 du matin. Des négociations qui échouent entre producteurs de lait et industriels. L’information est tombée comme un couperet pour le monde agricole. Les industriels et la grande distribution ont décidé de passer en force. Pas question pour eux de renoncer à leurs marges. Pas question de partager le grand gâteau des profits, la dictature du marché concurrentiel libre et non faussé est en marche. Les industriels, comme les distributeurs ont des comptes à rendre à leurs actionnaires, l’activité laitière doit être rentable, quitte à payer les producteurs en dessous du prix de production... 

Le nivellement par le bas
Une situation rendue possible car les industriels peuvent se servir ailleurs… Le marché du lait est mondialisé et il est devenu impossible pour les producteurs français, ou européen d’ailleurs, de s’aligner sur les prix étrangers. Une situation rendue possible, non parce que le gouvernement s’est engagé dans les négociations afin de les faire aboutir, contrairement à ce qu’il laisse entendre. Une situation rendue possible précisément parce que le gouvernement s’est mis hors-jeu dans ces négociations.

Hors-jeu en abandonnant ses responsabilités ministérielles nationales à une commission européenne technocratique. Barnier en tête, lui qui se félicitait il y a peu encore d’un compromis à l’échelle du continent. Hors-jeu à l’échelle nationale car ce même Barnier a plié face à la ministre Lagarde qui a fait diligenté une expertise sur la question du prix du lait par l’intermédiaire de la DGCCRF – Direction Régionale de la Consommation de la concurrence et de la Répression des Fraudes. Une expertise qui a conduit à une injonction à l’Interprofessionnel du lait – la CNIEL – de ne plus fixer le prix du lait. Ben oui ! ça faussait la concurrence…  

Et Barnier, le ministre-candidat, aimerait nous faire croire qu’il n’est pas responsable de la situation et qu’il fait tout pour arriver à une solution de compromis. Etrange façon de communiquer pour celui qui laisse les petits producteurs livrés à eux-mêmes, après avoir abandonné ses prérogatives et céder aux sirènes du libéralisme triomphant de sa collègue de Bercy.

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