Le RSA tue la « valeur travail »

Publié le par comet

 (Publié sur Marianne) Une réforme présentée comme révolutionnaire parce qu'elle est censée résorber le problème de la précarité alors même qu'elle aggrave la situation existante: la réforme de Martin Hirsch n'est qu'une opération de com' de plus d'un gouvernement qui n'a de cesse de faire des cadeaux aux plus riches. 

(Caricature de Louison - http://louison-et-les-crayons.blogspot.com/)
 
Le dispositif RSA accroît les inégalités sociales, en témoigne la baisse du taux de retour à l’emploi des non diplômés. Des catégories qui retrouvent plus difficilement un travail  dans le cadre du dispositif RSA. Une explication que l’on trouve dans le fait que le dispositif RSA favorise les diplômés, ceux qui finalement sont les moins en difficulté à terme. Les moins nombreux aussi. Un RSA qui ne sert à rien voire même pire... Mais ça, on le savait déjà. 

Une véritable dévalorisation de la « valeur travail »
En pérennisant cette subvention en guise de complément de salaire, le RSA institutionnalise la condition de travailleur précaire. Il permet à une entreprise de moduler le temps de travail de ses salariés à temps partiel, et crée une instabilité de revenu pour les salariés. En effet, le montant du RSA varie en fonction du revenu. Une instabilité très redoutée par les futurs bénéficiaires comme le précise le rapport final d’évaluation de l’expérimentation RSA. Une flexibilité accrue dont le coût (complément de salaire RSA apporté par l'Etat) sera finalement supporté par l’ensemble de la société, à l’exception des plus riches, protégés par le bouclier fiscal…  
 
Enfin, le RSA est calculé sur la base du foyer fiscal, créant autant d’inégalités entre deux salariés dont les conjoints ont des revenus différents. Le RSA va ainsi créer de réels déséquilibres entre des salariés occupant le même poste et effectuant le même nombre d’heures, dans la même entreprise, et dans les mêmes conditions. Certains auront droit à un complément de salaire quand d’autres n’auront rien. Autant d’injustices qui inquiètent car elles remettent en question le sacro-saint principe du Président Sarkozy, la « valeur travail ». Plutôt que d’inciter à une rémunération juste des travailleurs, le RSA reprend les mêmes recettes que le RMI, si ce n’est qu’il substitue la politique d’assistance supposée à des personnes en difficulté par une politique d’assistance affirmée aux patrons. En fin de compte, le RSA n’est ni plus ni moins que la cerise sur le gâteau du paquet fiscal. Il déresponsabilise les plus riches et renforce la précarité des plus pauvres.  
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