Si Barnier ne peut résoudre la crise du lait, à quoi sert-il?

Publié le par comet

(Article publié sur Marianne) Barnier dit qu'il n'y est pour rien, et pourtant, des petits producteurs de lait sont au bord du gouffre et les consommateurs n'en finissent pas de payer toujours plus chers leurs produits laitiers. Un constat s'impose, le gouvernement ne sert à rien sinon à accroître les crispations et protéger ses «amitiés industrielles».
(Caricature de Louison)
 
« Ce n'est pas le gouvernement qui fixe le prix du lait (...). Et ce n'est pas la première fois que nous avons de telles crises et de telles difficultés pour fixer un prix juste. ». La mise au point du ministre-candidat Barnier ne pouvait être plus claire. Le gouvernement n'est pas responsable de cette crise. Il n'est pas responsable de la colère des producteurs de lait. D'ailleurs, il fait bien ce qu'il ce qu'il peut, il a nommé deux médiateurs pour gérer les négociations. Outre le caractère drolatiquement tragique d'une telle déclaration, cette posture soulève plusieurs questions. 

Tout d'abord, s'il n'est pas responsable, qui est responsable ? La réponse fuse : « il faudra que les industriels acceptent de reprendre la négociation et paient le prix juste. » Ah ! C'est donc la faute aux industriels qui s'en mettent plein les poches. En période de campagne électorale, c'est toujours très chic pour draguer les électeurs de rejeter la responsabilité sur une sorte de nébuleuse, « les industriels », qui profiterait sans embarras d'une situation sur laquelle le gouvernement veut manifestement afficher son volontarisme. Rappelons à l'occasion que les universités attendent toujours leurs médiateurs... 
 
Si volontarisme il y a, il n'est certainement pas à l'image de ce que Barnier laisse entendre. Car les industriels ne font que ce qu'on les autorise à faire, c'est-à-dire fixer le prix du lait en vertu du marché de l'offre et de la demande. Or, l'offre est de plus en plus importante puisque le ministre candidat Barnier fut l'un des artisans de la fin des quotas de production, qui augmentent chaque année pour disparaître en 2015. Il fut aussi l'un des artisans de la volonté européenne de laisser le prix du lait se fixer tout seul, dans un marché bien évidemment parfait, ordonné par la loi de l'offre et de la demande. Ca s'appelle « la dérégulation des marchés  », et n'en déplaise à la perversité des communicants de Matignon et de Bruxelles, c'est encore et toujours la politique du gouvernement français et de la commission européenne. La preuve avec cette crise !

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