Derrière la crise du lait, il y a l'Union européenne

Publié le par comet

(Publié sur Marianne) Un marché du lait libre et non faussé. La fin des quotas. Une législation européenne de la concurrence qui s'impose à tous. C'est l'accord européen trouvé en décembre dernier par Michel Barnier. Un désastre pour celui qui candidate au prochaines élections européennes.

(photo : Pterjan - Flickr - cc)

« Nous sommes parvenus à un accord à la quasi-unanimité ». Les mots de Michel Barnier en novembre 2008 sont clairs. Il se réjouissait alors d’un accord trouvé au niveau européen pour déréguler progressivement le marché du lait jusqu’en 2015. Les quotas de production étaient relevés de 1% pendant 5 ans, puis disparaîtraient complètement. Le lait fluctuerait ensuite « librement » au gré du marché de l’offre et de la demande.

Pleinement ancré l’idéologie du libéralisme sauvage de l’Europe, cet accord à la « quasi-unanimité » - sauf la Lituanie -  entérinait le sacro-saint principe de non intervention du pouvoir politique dans l’économie. Et déjà, les producteurs français, allemands et autrichiens s’inquiétaient des conséquences dramatiques d’un telle mesure sur… le prix du lait.

L’obstination des technocrates : « une europe trop régulée » ?
Dans un éditorial de Jean-Francis Pécresse, paru dans les Echos d’aujourd’hui, on peut lire que l’économie laitière « ne souffre pas de trop peu de régulations mais de trop de régulations. (…) L’Europe, avec l’aide de la France, a privilégié une politique des revenus si aboutie qu’elle a transformé les éleveurs en salariés de leurs clients… ». Et de préciser qu’« en 2007, lorsque les prix du lait grimpaient en flèche, c’est la régulation qu’on dénonçait et la concurrence qu’on célébrait. »

Certes, mais la joie fut de courte durée. Davantage que la hausse du prix du lait, c’est l’importante fluctuation du prix qui saute aux yeux, a fortiori depuis avril 2008, date à laquelle la DGCCRF  - Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes – a décrété illégales les ententes  permettant le maintien du prix du lait. 

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