Hadopi: quand Albanel joue les DRH de TF1

Publié le par comet

(Publié sur Marianne) L'affaire d'un cadre de TF1 viré pour avoir écrit un mail anti-Hadopi s'est invitée à l'Assemblée nationale. Les députés s'interpellent, la ministre Albanel botte en touche, Panafieu se justifie et des relations obscures commencent à se faire jour.
 

La vidéo dure 15 minutes mais elle est édifiante. Le député Bloche commence par un rappel des faits. Un cadre de TF1 aurait été licencié parce qu'il avait exprimé « une opinion dans une correspondance privée et que jusqu'à présent, il n'existe pas de délit pour l'expression d'une opinion dans un cadre privé (...). » Il aurait adressé à la députée UMP Françoise de Panafieu un mail critique sur la loi Hadopi. Panafieu l'aurait transféré au Ministère de la Culture. Lequel aurait dénoncé ledit cadre à la direction juridique de TF1.

« Bien sûr », Christine Alabanel prend la parole et répond : « Renseignement pris, euh... Il s'avère en effet qu'un mail avait été adressé à Françoise de Panafieu, qui en dira peut-être trois mots, qui donc l'a adressé au ministère pour avoir des éléments techniques, qui lui ont en effet été donnés. Et à ma connaissance, rien de plus, à ma connaissance, rien n'a été transmis. ». On l'aura compris, pas vu, pas pris, la ministre Albanel ne sait pas grand chose et n'a rien fait... Vient ensuite Françoise de Panafieu qui tente de s'expliquer. Selon elle, pour qu'un échange de mails soit privé entre un citoyen et un député, il faut que l'auteur du mail précise que cet échange est privé.

Consanguinité et Passe-droit
Martine Billard répond avec pédagogie et explique à la députée Panafieu comment anonymiser un mail que l'on souhaite transmettre, puis de préciser que la lettre de licenciement de TF1 semble dire que c'est bel et bien le cabinet de la ministre qui lui a transmis le mail...

Privé ou pas privé, le mail de ce cadre? Au fond, peu importe. Ce qui compte, c'est que le ministère de la Culture ait joué les Big-Brother-DRH de TF1 (une entreprise privée).Et le député Brard de conclure que cette affaire révèle : « la consanguinité entre l'appareil d'État et les grands capitalistes si j'ose dire, entre les majors qu'ils soient de la communication, du bâtiment. » 

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